Petite note:
nosferatu est né de la rencontre de deux bûcherons, alex et denis, et d’un chirurgien, julien.
Ce spectacle se nourrit de plusieurs envies et de plusieurs inspirations. L’envie
simple de raconter une histoire horrible, l’envie d’une rencontre sur le plateau, l’envie de
partager des méthodes de travail et des partis pris, l’envie d’être un petit peu méchant, l’envie de ne pas trop faire de concession pour un public préjugé (lui faire confiance)…
Les inspirations : en gros, elles viennent d’un peu partout. Nous voudrions garder les
côtés désuets du film Nosferatu de Murnau, l’émotion du roman Dracula de Bram Stocker, la
classe de Bela Lugozi, la vivacité du Dracula de Copola, l’ambiance pesante et la fin tragique du Nosferatu d’Herzog, et un peu d’étrangeté du Vampyr de Dreyer
Le tout dans le cadre particulier du théâtre d’objet en s’attachant à conserver une
proximité avec le public pour que les sensations circulent.
La peur au théâtre est finalement assez rare. Nous ne parlons pas d'une peur
psychologique, mais de la vraie peur, celle qui nous fait sursauter sur le siège et nous fait
rire la seconde d'après, quand un chat tombe sur une table en poussant un cri de fauve.
La peur-suspens quand on sent une présence derrière la nuque de l'héroïne
insouciante qui téléphone à sa mère un soir d'orage.
Il ne s'agira pas pour nous de traumatiser le public pendant trois quart d'heure,
mais de jouer à se faire peur en trouvant une manière de se réapproprier les clichés inspirés
par ce thème.
Tenter aussi de retrouver une démarche expressionniste sur un plateau de théâtre.
Le jeune public:
Bien entendu, raconter une histoire d'épouvante quand on veut s'adresser aussi à un
jeune public n'est pas innocent. En cette période d'insécurité paraît-il, nous nous
appliquerons donc à dé-dra-ma-ti-zer l'affaire comme dirait Bob.
Ce qui ne veut pas dire que tout finira bien et qu'ils auront beaucoup d'enfants,
parce que des fois, quand même, il n'y a pas de quoi rire.
L’objet/la marionnette:
On l'aura compris, cette légende truffée de mystères et d'effets surnaturels raisonne,
à point, avec les qualités propres à la marionnette. Une marionnette posée par terre (ou à
plus forte raison dans une boîte) est la plus apte à nous jouer la mort, sans pour autant
nous enlever de l'esprit sa résurrection potentielle. Une marionnette n'est ni morte, ni
vivante. Oserions-nous dire, que pour prendre vie, elle nous aspire un peu d'énergie ?
Non, non, disons pour nous rassurer, que nous lui en donnons beaucoup.